Le cercle de chaux

 

Lieu ultime indéchiffrable      nuit e mer

sur quel commencement refuser la mort dans l'été des veines

quelque chose se déchire ventre et bouche contre le vent

attaque aux vertèbres dans le brouillard du promontoire

langue ou bouche que j'ouvre au vaste cercle

contour du blanc silence      place mortelle       océan

un cri me parcourt et déchire les yeux

l´écume vert la sueur aux lèvres l'avidité du silence

 

 

Nulle place pour la bouche       visage suffoqué

paroles regelée      sombre blancheur

comment rompre le cercle de chaux

comment établir le lieu du feu silencieux?

 

 

Ce seraient lèvres, épaules, pubis et le visage

dans le désir libéré, mais

comment libérer la main

                           et voir le visage

visage sans lèvres masque de la mer

ventre aux dents putréfaction de pierre

inertie des épaules       obstacle informe

 

 

Appel à l'espace aux herbes du silence à l' air

Les omoplates se ferment et aussi l'horizon

Que se fende le sable que tremble une syllabe

que se dilacère l'espace un corps un ventre

 

 

Ici n'est pas le lieu

ici n'est pas ici ou c'est l'extrême clôture

Où est le vert dans cette aridité du même?

                               Pourtant  j'écris

            je creuse un trou les silence des os

 

 

Superflue pauvre écriture inutile

qui manque de griffes d'une autre lutte écrite

une autre main l'autre main qui efface

qui despère et pulvérise et libère les sens

 

 

Je libèrerai l'eau de cette pierre de ce ventre

Je crierai je crierai sur toute fourmi verte

j'éparpillerai au vent des noms subverses

je consacrerai une haute pierre à un nuveau silence

J'ouvrirai un oeil dans la pierre un oeil lucide libéré

 

 

J'inventerai une autre écriture entre les murs

J'annulerai la magie blanche de l'espérence vaine

oh pierre verte ou porquoi pas vagin vivant

l'audacieuse avidité d'une nouvelle rupture

 

 

Où sont ls compagnons de cette contrée extrême?

Je dirai l' angle de l'angle l'asymétrie des couleurs

la flamme des seins ouverts des corps vivants

je dirai la vie de l'instant en l'instant libre

j'ouvrirai la clarière et la terre se consacre

 

 

Et toi tu seras là contre la mort

et contre la mort du langage mort

nouvel or de l'humeur des arbres

cinéma des membres libres révoltés

sommet du sol rempli d'amoreaux corps

subversive tendresse contre les appareils sinistres

et jeaunes jeaunes jeaunes avec les armes de l'amour

 

 

in «As Marcas no Deserto», 
 Le Cercle de chaux ,
Editorial Vega, Lda., 1980

(IN)COHÉRENCE DU FEU


© Yayusa Yayusa

 

Le dessin à vif: les doigts et le souffle.
Les pierres libres suscitent quelque chose,
une texture sans secret, ouverte.
Comme si je ne cherchais pas: toujours le désert?

 

Le corps et cette vague , cette pierre - une ligne
et le tumulte des muscles en mer
tel est le désir de perdre et de trouver
contre le mur, contre cette page
                                          ce désert - la mer.

 

Le souffle de l'incendie du feuillage
cette rasure
              au ras de l'inerte
oh force amour de la mer force désert

 

je réunis ou je disperse      pierres sur la mer
ou pierres

 

Où le corps      où le désir
                face au vent
la fragile force du corps (araignée inerte)?

 

Si je souffle ici les vértebres du feu
si je subvertis la feuille et crie nu

 

Je demeure avec ces pierres dans le désert - ou la mer?
Ce ne sont pas des pierres ces pierres mais la gorge
affrontant le vent - et le désert,
quel corps quel corps se perd au bas de la page
ou de la terre?

 

Si ce n'était le désert - mais une plage
la musique du corps
et le vents sur la mer
et ton corps dans mon corps?

 

Mais tu attens trois mots
trois pierres
- et san le feu sans le feuillage sans la mer

Si un signe était la colonne du sangue
devant la marée devant le feu
et non la mort ce ciel désert
cette autre mort aveugle au vent
ce silence countre le coeur?

 

Écrire ainsi avec les os
avec la proue de l'extérieur
avec la mort dans le désert
et les syllabes dans le désert

 

Mais si le silence de la plage - où la mer? -
le silence de la page
suscitaient cette musique du corps
ces membres blancs
rouges
autour du centre - et la respiration de la mer?

 

Un bras, une torsion du bras par la violance du vent
un cantique sur la plage
le corps contre le corps amant aimé?

 

Une syllabe à peine vert ou blanche et non la pierre de mer la splendeur de la plage?

 

Personne n'entende le cri sur le vent
sur le ventre de personne
rien ne s'entend entre ces pierres
rien n'est ici dans ce désert

 

Mais c'est, c'est, comme si
un signe
était le sang d'une lampe?

 

Je dessine formes vivantes sur le sable
je dessine ce sillon sur mon corps
je défaille sur le sillon - face à la mer?

 

Quel corps se lève? Est-ce un corps, un autre corps?
un corps qui se lève sur l'écume
ou un signal seulement sans le sang?

 

La bouche mord les dents
la page est désert
la plage est désert.

 

Ma main se lève inutile signal
comme pour ne pas abandonner.

 

Les pierres ne sont pas même pierres
mais des mots
mais le désir d'un contact incandescent
mais l'ardeur d'une insecte durable.

 

Plage, mer, sillons dans la sable, vent
ou seul désert
je vous invoque et vous souffle la flamme
de la gorge,
j'appelle au cantique. Chemin?

 

Plus que la syllabe de la mer
plus que le fleur imprévue
plus que l'ombre sur l'épaule
plus que l'or du sable
je souscris le blanc un nouveu corps.
Même si je ne voi que les pierres
qui bornent le vide
je suis au bord de    je suis l'espace
entre le feuillage et le feu
du corps.

 

*

 

Que dit la forme de la pierre - les corps?
Que dit ce silence d'herbes?
Ce poignard de foin dans ma poitrine
cette syllabe tremblante, cette ombre froide,
que dit la couleur du mur?

 

La terre a le feuillage aux épaules
la mer la mer encore dans la distance
mais le clameur de ces signes proclame l'animal
du feu
les pas avancent entre les flammes et l'appel des vagues.

 

La terre est haute comme le corps et petite et blanche
Les maison scintillent en un contact solide
Sur tous le chemins le soleil marche avec mes pas

 

La feuille est écrite comme une paysage
Toujours le désert et la nuit est proche!
Mais les signes éveillent le lieu
où le silence est la consécration de la terre. 


Je choisis la clairière du corps silencieux. 


C'est un corps qui enveloppe le corps
Puis-je signer le visage de ce corps?
Les signes saignent enfin et disent terre.
Écrire est finalement souscrire l'air
des herbes
et dessiner le souffle avec les doigts: aimer le corps.
Aimer. Dire aimer: aimer de la mer
à la proximité du proche, sur l'épaule
de ton corps ou sur le parapet de la terre.

 

in «As Marcas do Deserto»
(IN)COHÉRENCE DU FEU, pág.26 à 40
Editorial Vega, Lda.,1980

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